Meta a publié le 21 octobre un troisième trimestre en deux temps : une publicité qui accélère encore, et une rentabilité divisée par deux par le coût de l’accord conclu avec les États américains sur la santé mentale des adolescents.
- Chiffre d’affaires de 64,60 milliards de dollars, en hausse de 26 % sur un an.
- Marge opérationnelle ramenée à 20 %, contre 40 % un an plus tôt, à cause d’une charge juridique de 9,89 milliards.
- Investissements de 34,91 milliards sur le trimestre, flux de trésorerie disponible négatif.
- Création d’une action de classe C sans droit de vote, effective en janvier 2027.
Plan de l'article
D’où vient la croissance du trimestre ? #
Elle vient presque entièrement de la publicité. Selon le communiqué de résultats de Meta, les impressions publicitaires servies sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger progressent de 10 % sur un an, et le prix moyen par publicité de 14 %.
Les deux moteurs tournent donc en même temps : plus d’espace vendu, et vendu plus cher. C’est le signe que les outils de ciblage et de création publicitaire dopés à l’IA, que Meta met en avant auprès des annonceurs, se traduisent dans les tarifs.
L’audience, elle, progresse plus lentement. Le groupe compte en moyenne 3,64 milliards de personnes actives chaque jour sur ses applications en septembre, soit 3 % de plus qu’un an auparavant. La croissance se fait désormais sur la valeur de chaque utilisateur plus que sur leur nombre.
Pourquoi la marge s’est-elle effondrée ? #
Parce que Meta a passé dans ses comptes une charge de 9,89 milliards de dollars liée à l’accord signé en août avec 52 procureurs généraux américains. Cet accord met fin aux poursuites sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, avec des paiements pouvant atteindre environ 18,59 milliards au total, précise le communiqué.
Résultat : les coûts et dépenses grimpent de 68 %, à 51,61 milliards, et le résultat opérationnel recule de 37 %, à 12,99 milliards. Hors cette charge, Meta indique qu’il aurait atteint 22,88 milliards, et le bénéfice par action dilué 7,40 dollars au lieu de 3,83.
Le bénéfice net affiche pourtant 9,86 milliards, en hausse de 264 %. Ce chiffre spectaculaire tient surtout à une base de comparaison 2025 très basse, et ne dit pas grand-chose de la dynamique actuelle.
Combien Meta dépense-t-il dans l’IA ? #
Énormément, et le rythme ne faiblit pas. Les investissements atteignent 34,91 milliards de dollars sur le seul trimestre, location-financement incluse. Ils absorbent plus que les 32,79 milliards de trésorerie dégagés par l’activité, d’où un flux de trésorerie disponible négatif de 2,12 milliards.
Pour l’ensemble de 2026, Meta resserre sa fourchette d’investissements entre 135 et 145 milliards de dollars, contre 130 à 145 milliards annoncés jusqu’ici. Le plancher remonte : la facture des centres de données ne baissera pas.
Mark Zuckerberg résume l’ambition dans le communiqué : le groupe aurait franchi « des étapes majeures » vers une « superintelligence personnelle pour tous ». Le marché, lui, regarde surtout combien de temps les revenus publicitaires pourront financer cette course.
Que deviennent les lunettes et la réalité virtuelle ? #
La division Reality Labs, qui regroupe casques Quest et lunettes connectées, réalise 443 millions de dollars de chiffre d’affaires pour une perte opérationnelle de 4,13 milliards sur le trimestre. Meta prévoit entre 18 et 19 milliards de pertes sur l’année pour cette branche.
Le pari matériel reste donc un centre de coûts massif, entièrement porté par la publicité. Pour les entreprises qui misent sur ces lunettes comme futur canal, c’est un rappel : l’écosystème existe, mais son modèle économique n’est pas encore là.
Quelles perspectives pour la fin d’année ? #
Meta vise un chiffre d’affaires compris entre 73 et 76 milliards de dollars au quatrième trimestre, période traditionnellement la plus forte grâce aux achats de fin d’année. La chaîne CNBC parle d’une prévision solide.
Les dépenses totales de l’année sont attendues entre 175 et 179 milliards. À noter aussi : l’effectif tombe à 66 775 salariés, en baisse de 15 % sur un an. Meta investit massivement dans les machines tout en réduisant ses équipes.
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| Indicateur (T3 2026) | Valeur | Sur un an |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 64,60 Md$ | +26 % |
| Résultat opérationnel | 12,99 Md$ | −37 % |
| Marge opérationnelle | 20 % | 40 % un an plus tôt |
| Investissements | 34,91 Md$ | — |
| Actifs quotidiens (septembre) | 3,64 milliards | +3 % |
Que change la nouvelle action de classe C ? #
Le conseil d’administration a approuvé la création d’actions de classe C sans droit de vote, effective en janvier 2027. Chaque détenteur d’une action de classe A ou B recevra une action C en dividende. Meta s’attend à ce que l’action A se comporte alors comme après une division par deux.
Ce type de montage permet de distribuer des titres ou de rémunérer les salariés en actions sans diluer les droits de vote existants. Les comptes détaillés du trimestre figurent dans le rapport trimestriel déposé auprès de la SEC.
Questions fréquentes #
Meta a-t-il gagné ou perdu de l’argent ce trimestre ?
Il a gagné de l’argent : 9,86 milliards de dollars de bénéfice net. Mais sa marge opérationnelle est tombée à 20 % à cause d’une charge juridique ponctuelle de 9,89 milliards.
Pourquoi le flux de trésorerie est-il négatif ?
Parce que les investissements, 34,91 milliards, dépassent la trésorerie produite par l’activité, 32,79 milliards. L’essentiel sert aux centres de données pour l’IA.
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Quand Meta publiera-t-il ses prochains résultats ?
Meta n’a pas encore annoncé la date de publication de ses résultats du quatrième trimestre, qui couvriront la période d’octobre à décembre.




