Microsoft : Azure accélère à 48 %, mais le groupe manque de puces pour suivre la demande

Microsoft a publié le 28 octobre les résultats de son trimestre clos au 30 septembre 2026, et le contraste est saisissant : la demande pour son cloud n’a jamais été aussi forte, mais l’entreprise reconnaît qu’elle n’a pas assez de puces pour la servir. Un aveu qui en dit long sur l’état du marché de l’intelligence artificielle, où le goulot d’étranglement s’est déplacé du côté des fournisseurs de GPU.

Un trimestre au-dessus des attentes, porté par Azure #

Sur le trimestre, Microsoft affiche un chiffre d’affaires de 92,3 milliards de dollars, en hausse de 19 % sur un an, pour un bénéfice net de 36,6 milliards de dollars, soit 4,92 dollars par action, selon le détail publié par Constellation Research. Les deux chiffres dépassent les attentes de Wall Street.

Le moteur de cette croissance reste Azure, la plateforme cloud du groupe, dont les revenus progressent de 48 % sur le trimestre. C’est elle qui absorbe l’essentiel des charges de travail liées à l’intelligence artificielle : entraînement de modèles, inférence, services managés pour les entreprises qui déploient leurs propres assistants.

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Et la direction ne prévoit pas de ralentissement. Pour le trimestre de décembre, la directrice financière Amy Hood a annoncé une croissance d’Azure attendue entre 49 et 50 % à taux de change constant, là où le consensus des analystes tablait sur environ 45 %.

Le paradoxe : trop de demande, pas assez de capacité #

C’est là que le tableau se complique. Dans le même temps, Microsoft a abaissé sa prévision de dépenses d’investissement pour l’exercice en cours, ramenée à 170 milliards de dollars contre 175 milliards auparavant, comme le rapporte CNBC. Une baisse qui n’a rien d’un coup de frein volontaire : Amy Hood a expliqué que des retards chez des fournisseurs tiers de GPU repoussent une partie de la capacité prévue « au premier semestre 2027 ».

Autrement dit, Microsoft dépenserait davantage s’il le pouvait. Les centres de données sont construits, les clients sont là, mais les processeurs graphiques nécessaires pour faire tourner les modèles d’IA arrivent moins vite que prévu. Le groupe se retrouve à vendre une capacité qu’il n’a pas encore reçue.

Une lecture à double tranchant pour les investisseurs

Les marchés ont plutôt bien accueilli la publication : les bénéfices et le chiffre d’affaires dépassent les estimations, et l’action a terminé la séance quasiment stable après une ouverture en hausse. Chris Ballard, gérant chez Check Capital Management, cité par CNBC, résume le sentiment dominant : « Nous sommes satisfaits de ce que nous voyons et de ce que nous avons entendu, et nous faisons confiance à la direction dans son approche des dépenses d’IA. »

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Mais la même semaine, la lecture a été bien plus sévère pour Alphabet, dont les dépenses d’investissement du trimestre sont elles aussi ressorties sous les attentes, avec à la clé une chute d’environ 10 % du titre en après-Bourse. Quand deux des plus gros acheteurs mondiaux de puces ralentissent la cadence, même contraints, tout l’écosystème tremble : les spécialistes du cloud GPU comme CoreWeave, Nebius ou IREN, ainsi qu’Oracle, ont reculé dans la foulée des publications.

Ce que cela change pour les entreprises clientes #

Pour les dirigeants et DSI qui négocient actuellement leurs contrats cloud, cette pénurie a des conséquences très concrètes. D’abord sur les délais : les capacités GPU réservées aujourd’hui sur Azure peuvent n’être livrées que dans plusieurs mois, ce qui impose d’anticiper les projets d’IA bien plus en amont qu’un déploiement cloud classique.

Ensuite sur les prix. Tant que la demande excède l’offre, les fournisseurs n’ont aucune raison de brader leurs instances accélérées. Les entreprises ont donc intérêt à dimensionner finement leurs besoins réels d’inférence plutôt que de surréserver « au cas où », et à comparer les engagements de capacité proposés par les différents acteurs.

Enfin, sur la stratégie : le décalage de capacité vers le premier semestre 2027 annoncé par Microsoft suggère que la détente n’interviendra pas avant plusieurs trimestres. Pour les PME et ETI françaises qui envisagent d’industrialiser leurs usages d’IA générative, la fenêtre actuelle est celle de la préparation des données et des cas d’usage, pour être prêtes quand la capacité se libérera.

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Questions fréquentes #

Pourquoi Microsoft baisse-t-il ses investissements si la demande explose ?

Il ne s’agit pas d’un choix : des fournisseurs tiers de GPU livrent en retard, ce qui décale mécaniquement une partie des dépenses et de la capacité vers le premier semestre 2027, selon les explications de la directrice financière Amy Hood rapportées par CNBC.

Azure peut-il maintenir une croissance proche de 50 % ?

C’est en tout cas la prévision officielle du groupe pour le trimestre de décembre, entre 49 et 50 % à taux de change constant, un rythme supérieur à ce qu’anticipaient les analystes. La contrainte principale n’est plus la demande, mais la disponibilité des puces.

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