La ligne budgétaire qui fait vivre le réseau French Tech en régions et à l’étranger pourrait fondre de près des trois quarts l’an prochain. Dans le projet de loi de finances pour 2027, la dotation de la Mission French Tech tombe à 1,8 million d’euros, contre 6,8 millions en 2026. Un amendement adopté en commission à l’Assemblée propose de remettre 10 millions sur la table, mais rien n’est joué avant le vote des députés prévu le 17 novembre.
- Dotation de la Mission French Tech : 11,5 M€ en 2025, 6,8 M€ en 2026, 1,8 M€ prévus dans le PLF 2027.
- L’amendement du député Paul Midy ajoute 10 M€, soit 11,8 M€ au total s’il survit à la navette.
- Vote en séance publique attendu le 17 novembre, puis passage au Sénat.
Plan de l'article
Une coupe de 74 % en un an, de 84 % en deux ans #
Les chiffres ont été détaillés par FrenchWeb le 2 novembre : la Mission French Tech disposait de 11,5 millions d’euros en 2025, puis de 6,8 millions en 2026. Le texte déposé par le gouvernement ne prévoit plus que 1,8 million pour 2027. Par rapport à cette année, la baisse atteint 5 millions d’euros, soit environ 74 %, comme le relève Lepetitjournal.com. Sur deux exercices, la dotation aura perdu environ 84 %.
Le calendrier rend la coupe plus délicate encore. Les structures du réseau viennent d’être labellisées pour la période 2026-2028 : 19 Capitales et 28 Communautés French Tech en France, et 78 Communautés à l’international. Certaines avaient déjà signé leurs conventions sur la base des montants précédents.
À lire Google propose des départs volontaires en France, mais pas dans l’IA ni le cloud
Ce que finance vraiment cette enveloppe #
La Mission French Tech ne distribue pas de capital aux start-up : c’est le rôle de Bpifrance et des fonds privés. Son budget sert surtout à animer le réseau. Les Capitales et Communautés organisent des événements, mettent en relation les fondateurs avec des investisseurs et des grands comptes, et relaient les programmes nationaux dans les territoires et auprès des acheteurs étrangers.
Selon Lepetitjournal.com, l’écosystème représente environ 18 000 start-up et scale-up actives et 450 000 emplois directs, dont plus de la moitié hors Île-de-France. Le réseau s’appuie aussi sur environ 1 200 entrepreneurs bénévoles. Pour une jeune entreprise installée à Lyon, Toulouse ou à l’étranger, c’est souvent le premier guichet pour trouver un mentor, un partenaire industriel ou une porte d’entrée sur un nouveau marché.
À l’étranger, les relais économiques en première ligne
Les communautés installées hors de France sont les plus exposées : elles fonctionnent avec peu de salariés et beaucoup de bénévolat. Le député des Français établis hors de France Vincent Caure, mobilisé avec d’autres élus, les présente comme des « ambassadeurs économiques ». Il dit ne pas contester l’effort de redressement des comptes publics, mais critique des économies faites par « coups de rabot ». Il rappelle aussi : « C’est un budget qui avait été largement augmenté en 2017. »
L’amendement Midy : 10 millions de plus, pas encore acquis #
Le député Paul Midy a fait adopter en commission un amendement qui ajoute 10 millions d’euros. Le montant serait pris sur le programme « Stratégies économiques » et versé au programme « Développement des entreprises et régulations ». La dotation remonterait alors à 11,8 millions, au-dessus de son niveau de 2025. D’autres députés ont déposé des propositions moins ambitieuses : Laurent Lhardit et Pierre Pribetich demandent chacun 5 millions. L’amendement de 5 millions défendu par Laurent Croizier n’a pas été soutenu.
À lire Marvell rachète Lumentum pour 115 milliards de dollars, pari géant sur la photonique de l’IA
FrenchWeb rappelle toutefois qu’un vote en commission ne vaut pas adoption en séance. En première lecture, les députés repartent du texte du gouvernement. La mesure doit donc être votée à nouveau lors de l’examen en séance, prévu le 17 novembre. Le Parlement a jusqu’au 17 décembre pour se prononcer, au terme du délai constitutionnel de 70 jours.
Le Sénat et l’exécution budgétaire, deux autres verrous
Même si les députés suivent, le Sénat pourra revenir sur l’enveloppe. Fin 2025, il avait déjà rejeté une hausse d’un million d’euros pour le programme French Tech Tremplin. La commission mixte paritaire et les arbitrages du gouvernement peuvent aussi modifier le montant. Enfin, des crédits votés ne sont pas forcément dépensés : un gel ou une annulation en cours d’année restent possibles.
Ce que les dirigeants de la tech doivent surveiller #
Pour les start-up, la coupe ne change rien aux aides à l’innovation, aux prêts ou aux fonds d’investissement, qui relèvent d’autres lignes budgétaires. Le risque est indirect : moins d’événements, moins d’accompagnement local et des communautés à l’étranger qui pourraient réduire leurs activités, voire disparaître si elles ne trouvent pas de sponsors privés.
Le premier signal arrivera le 17 novembre avec le vote en séance. D’ici là, les élus mobilisés ont écrit aux ministres de l’Économie, des Comptes publics et du Numérique, ainsi qu’au Premier ministre. Selon Vincent Caure, une réponse est attendue : « On a demandé un retour. Ils doivent le faire. » Les entreprises qui comptent sur un programme ou un événement de leur communauté French Tech en 2027 ont intérêt à demander dès maintenant à leurs animateurs ce qui est déjà financé.
À lire Bourse : la tech trébuche sur ses dépenses d’IA, semaine décisive avec Palantir, AMD et Apple
Questions fréquentes #
Quel est le budget de la Mission French Tech prévu pour 2027 ?
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 1,8 million d’euros, contre 6,8 millions en 2026 et 11,5 millions en 2025.
L’amendement de 10 millions d’euros est-il adopté ?
Il a été adopté en commission, ce qui ne vaut pas adoption définitive. Il doit être voté en séance publique, examen prévu le 17 novembre, puis résister au passage au Sénat.
Les aides aux start-up sont-elles concernées ?
Non : la dotation finance l’animation du réseau des Capitales et Communautés French Tech. Les prêts, subventions à l’innovation et investissements relèvent d’autres lignes budgétaires.
À lire Parrainage Bouygues Telecom : le programme existe-t-il encore en 2026 ? Alternatives




